Bulletin n° 10 - mai 2013

 


Politiques et pratiques de la traduction dans les pays arabes

Lynne Franjié

RÉSUMÉ

Les deux rives de la Méditerranée communiquent de diverses manières dont la moins connue est probablement l’activité de traduction soutenue entre les pays arabes et les pays européens du pourtour méditerranéen. S’il est beaucoup d’écrits théoriques sur la traduction, les données concrètes ont rarement été au cœur des travaux menés sur l’activité de traduction. Un récent état des lieux de la traduction en région euro-méditerranée met toutefois en exergue le caractère foisonnant et croissant de la traduction dans le monde arabe depuis une vingtaine d’années, même si elle demeure marginale dans le flux global de la traduction et surtout axée sur la traduction littéraire. Par ailleurs, l’analyse des politiques de traduction adoptées par les diverses institutions s’occupant de traduction à travers le monde arabe montre que les approches interventionnistes des unes possèdent une logique d'affichage soit quantitatif soit qualitatif mais que cet objectif, outre le fait qu'il est restreint, ne sert guère la mission stratégique de la traduction. A contrario, l’approche proactive de traduction mise en avant par d’autres institutions, dans le cadre de ce qu’on appelle la « tradiplomatie », prend en compte les enjeux géopolitiques et géoculturels actuels, en consacrant la traduction comme vecteur du dialogue entre les cultures.

ABSTRACT

Communication on both sides of the Mediterranean is manifold, the least known aspect of it probably being the sustainable translation activity between Arab and European countries. This is partially due to the fact that concrete data has rarely been at the core of research in translation studies. A recent inventory of translation activity in the Euro-Mediterranean zone has nonetheless shown that it has been considerable and growing in the Arab World for the last twenty years, although it remains marginal in the global translation flow and revolves mainly around literary translation. Moreover, an overview of the translation policies adopted by translation institutions in the Arab World shows that some follow interventionist approaches aiming at displaying quantity or quality, although this goal is not only narrow but does not also serve the strategic mission of translation. On the other hand, other institutions promote, in the framework of what is called “transdiplomacy”, proactive approaches which take into account current geopolitical and geocultural stakes, thus reaffirming translation as a vector of cross-cultural dialogue.

MOTS-CLÉS/KEYWORDS

Traduction, Politique de traduction, arabe, tradiplomatie
Translation, Translation policy, Arabic, transdiplomacy



Les deux rives de la Méditerranée communiquent de diverses manières dont la moins connue est probablement l’activité de traduction soutenue entre les pays arabes et les pays européens du pourtour méditerranéen. Malgré des trajectoires politiques, économiques et socioculturelles différentes au cours du XXe siècle, ce mouvement de traduction n’a jamais cessé et continue de nourrir une bonne part des échanges culturels et des perceptions croisées. Au terme de plusieurs décennies de « contact traductionnel », il est important de faire le point sur l’état actuel des échanges et des traductions entre une Europe en crise et un monde arabe en révolution. Dans les pages qui suivent, nous faisons la synthèse de données fiables actuellement disponibles sur les pays arabes et sur l’activité de traduction de et vers l’arabe.

1. Aperçu de l’activité de traduction de et vers l’arabe

Il existe une quantité considérable d’écrits théoriques sur la traduction, mais les données concrètes ont rarement été au cœur des travaux et des études menés sur l’activité de traduction. Il convient néanmoins de citer ici le projet « Traduire en Méditerranée » [1] qui s’est fixé comme objectif de faire un état des lieux aussi exhaustif que possible de l’activité de traduction dans la région euro-méditerranée, en articulant la réflexion et la récolte des données autour de trois axes : le statut et la formation des traducteurs littéraires, le rôle précis des éditeurs et des programmes d’aide à la traduction, mais aussi la diffusion et la valorisation des œuvres traduites de et vers l’arabe.

Lorsqu’on parle de traduction, la première caractéristique frappante est que la langue arabe présente un paradoxe : elle est une langue internationale (plus de 250 millions de locuteurs, langue officielle des 22 pays membres de la Ligue arabe, l’une des six langues de travail de l’ONU et d’autres organisations internationales…), mais elle ne représente pas plus de 1% du marché de la traduction et occupe, par conséquent, une « place périphérique » selon la définition d’Heilbron (1999 : 434) :

Toutes les langues qui représentent moins de 1% du marché mondial occupent une position périphérique dans le système international de traduction. Parmi ces langues périphériques [figurent] par conséquent le chinois, le japonais, l’arabe et le portugais, qui représentent chacune un très grand nombre de locuteurs mais occupent une position périphérique dans le système de traduction. La taille des groupes linguistiques n’est de toute évidence pas [un élément] déterminant du degré de leur centralité dans le système de traduction.

On le savait, la part de la traduction de et vers l’arabe dans le flux total de traduction est peu importante, mais les données sont à la fois partielles et peu fiables. L’une des rares études publiées sur la traduction dans le monde arabe durant la première décennie du XXIe a été celle du Rapport sur le Développement humain arabe, élaboré par le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) en 2003 et axé sur la société de connaissance [2]. Dressant un tableau très sombre, le Rapport dépeint un monde arabe qui ne traduit presque pas. Les trois ordres de grandeur qu’il fournit sont effarants : le monde arabe n’aurait traduit que 10 000 livres depuis l’époque du Calife Al-Ma’moun (mort en 833), l’équivalent de ce que l’Espagne traduit en un an ; le nombre de livres traduits dans le monde arabe entre 1970 et 1975 serait équivalent au cinquième des traductions publiées en Grèce ; le nombre moyen de livres traduits dans le monde arabe dans la période 1980-1985 serait de 4,4 livres, soit moins d’un livre par an et par million d’habitants, contre 920 en Espagne toujours. Ces données deviennent pendant quelques années les indicateurs de référence dès lors qu’il s’agit de parler de traduction dans le monde arabe. Or, malgré le sérieux qui caractérise les chercheurs impliqués dans l’élaboration des rapports du PNUD, les méthodes qu’ils adoptent et les chiffres qu’ils avancent suscitent de nombreux doutes au sein de la communauté des chercheurs, concernant notamment la fiabilité et la représentativité des données sur lesquelles ils se sont basés, c’est-à-dire principalement celles de l’Index Translationum de l’UNESCO [3].

Ce dernier est une source de données qui se devait d’être incontournable pour ce type d’études parce qu’il s’agit d’une base de données construite à partir des données officielles de dépôt légal communiquées par les gouvernements et répertoriant les traductions parues entre la fin des années 1970 et le milieu des années 2000. Mais cet Index s’avère très incomplet et permet tout au plus de mesurer des tendances générales dans des pays, comme l’Égypte et la Syrie, où la traduction reste majoritairement du ressort du secteur public.

C’est pourquoi, il est indispensable de le compléter par d’autres études et des enquêtes de terrain. Citons à titre d’exemple, pour le domaine des sciences humaines et sociales, l’étude menée en 2007 par la Fondation Fahd Bin AbdelAziz à Casablanca sur son propre catalogue de traductions vers l’arabe réalisées entre 2000 et 2009 ; ou encore la base de données Tradarabe du Ministère français des Affaires étrangères créée en 2005 et offrant des données sur les traductions à partir du français dans les pays du Machrek. Dans certains pays, l’existence d’index nationaux permet d’avoir une vue d’ensemble sur le flux de traductions pour ce territoire : c’est le cas en Égypte de l’Index des livres traduits vers l’arabe (Al-Thabt al-Bibliyûgrâfî li al-Kutub al-Mutarjama fî Misr). Le croisement de toutes ces sources permet de tirer quelques conclusions instructives, dont nous donnons ci-après les grandes lignes.

1.1. Un aperçu quantitatif

Au-delà de l’importance de dresser un état des lieux exhaustif qui permette d’avoir une vue d’ensemble précise de cette activité culturelle qu’est la traduction, une approche quantitative de la traduction de et vers l’arabe peut se justifier par l’importance accordée, dans les pays arabes, à la question du nombre, parfois au détriment même de la qualité. Ainsi, la plupart des projets de traduction lancés dans le monde arabe depuis un certain nombre d’années consiste à traduire des « listes » d’œuvres : pour ne citer qu’un exemple, un Projet des « Mille Livres » a été lancé à plusieurs reprises en Égypte mais aussi en Algérie (au milieu des années 2000, avec le soutien de la Ligue des États arabes) et dans d’autres pays arabes.

1.1.1. La traduction dans le monde arabe : une activité en croissance

Sur le plan quantitatif, la situation de la traduction dans le monde arabe est loin d’être aussi sombre que l’a dépeinte le Rapport du PNUD en 2003. La traduction y est foisonnante et en croissance depuis une vingtaine d’années, quoique de façon inégale et hétérogène d’un pays à l’autre et d’une période à l’autre. Cette croissance est notamment à mettre en relation avec une augmentation globale des publications dans les pays arabes, même si, selon Richard Jacquemond (2012), la part de la traduction ne représente encore que 5% de la production éditoriale globale dans le monde arabe.

Les traductions vers l’arabe s’élèvent à près de 2000 traductions par an, soit près de 35 000 traductions dans le dernier quart de siècle [4]. De toute évidence, les traductions à partir de l’anglais se taillent la part du lion : elles représentent plus de 95% des traductions dans les pays du Golfe, près de 75% en Égypte, 72% au Liban et entre 20% et 30% au Maghreb.Quant au français, il demeure très marginal dans les pays du Golfe, mais représente encore près de 10% des traductions en Égypte, plus de 60% dans les pays du Maghreb et près de 20% au Liban ou en Syrie, totalisant ainsi plus de 4000 traductions [5].

La traduction à partir des autres langues, comme l’allemand, l’espagnol et l’italien, est encore plus marginale, tout en signalant au passage qu’elle se fait souvent à partir de l’anglais ou le français qui font office de « langues pivots ».Il est utile de noter ici la prépondérance, au Liban, des traductions à partir du persan, qui interviennent en troisième position en raison de l’activité soutenue de traduction des travaux des intellectuels et des réformistes iraniens, menée par les traducteurs de l’importante communauté chiite du pays.

1.1.2. La traduction de et vers l’arabe en Europe : une activité très marginale

La traduction de et vers l’arabe se développe également en Europe, où le nombre total de traductions est aussi en augmentation. Certes, l’activité de traduction de et vers l’arabe demeure marginale dans le flux global de traductions en Europe. De manière générale, on compte 1 traduction de l’arabe sur 1000 traductions dans les pays européens, avec une proportion maximale de 1/100 en France, Espagne, Italie et Allemagne. Depuis les années 1990, la Turquie et la France se situent en tête des pays traduisant à partir de l’arabe (plus de 1000 traductions chacune), suivis de l’Espagne (un peu moins de 500 traductions) puis l’Italie (moins de 200 traductions) et la Pologne (moins de 100 traductions). Les traductions vers l’anglais n’étant pas répertoriées dans des index, elles restent difficiles à comptabiliser, mais une extrapolation à partir des estimations existantes (300 traductions littéraires) permettrait de placer les pays anglophones en 3e ou 4e position des pays traduisant à partir de l’arabe.

En définitive, bien que le nombre de traductions de l’arabe soit plus ou moins équivalent à celui des traductions vers l’arabe, « ces données ne traduisent pas, selon Jacquemond (2012), une égalité des échanges autant que la marginalité de la traduction de et vers l’arabe ». Cet avis s’explique par la dimension qualitative de l’activité de traduction.

1.2. Un aperçu qualitatif

Sur le plan qualitatif, deux caractéristiques principales doivent être mises en exergue : dans les pays arabes, l’activité de traduction vers l’arabe est encore souvent l’apanage du secteur public et elle demeure centrée sur la traduction littéraire.

1.2.1. La Traduction dans le monde arabe : une affaire du secteur public

Hormis le Liban où le secteur privé, bien implanté depuis plusieurs décennies, a fait fleurir des maisons d’édition qui rayonnent sur l’ensemble du monde arabe, la traduction demeure dans la plupart des autres pays arabes gérée par l’État : il s’agit de ce fait de « politiques volontaristes » soutenues tantôt directement par le Ministère de la Culture (en Syrie), tantôt par des organismes spécialisés dans la traduction tels que la General Egyptian Book Organization (GEBO) et plus récemment les conseils nationaux de traduction (en Égypte et en Tunisie) ou des fondations spécialisées (dans les pays du Golfe).

Il est à noter néanmoins le développement depuis les années 1990 d’un secteur privé et indépendant de l’édition dans quasiment tous les pays arabes, y compris en Syrie, lequel a naturellement engendré une augmentation et une diversification de l’offre éditoriale et contribué, de ce fait, à l’accroissement du mouvement de traduction observé ces vingt dernières années.

1.2.2. La Traduction de et vers l’arabe : une traduction essentiellement littéraire

L’activité de traduction est aussi, depuis l’indépendance des pays arabes, axée sur la traduction littéraire, et plus particulièrement la traduction de la fiction. Seul pays susceptible de faire exception, la Syrie où le mouvement d’arabisation imposé par le régime baathiste de Hafez Al-Assad dès les années 1970 a généré une activité considérable de traduction dans tous les domaines.

Dans le domaine de la littérature [6], deux tendances principales peuvent être observées : d’une part, une tendance « humaniste » laquelle consiste à traduire les grandes œuvres littéraires à forte valeur symbolique et, d’autre part, une tendance « utilitariste » ou « développementaliste » incarnée par la traduction des ouvrages pédagogiques (manuels) et de vulgarisation. C’est la seconde tendance qui l’a toujours emporté sur la première, entraînant d’ailleurs un manque, en langue arabe, de certains œuvres majeures de la littérature universelle [7].

Pour la traduction littéraire vers l’arabe, on note une propension, d’une part, pour les œuvres classiques et plus particulièrement pour les oeuvres romanesques en prose (majoritairement du XIXe et de la première moitié du XXe siècles) et, d’autre part, pour les best-sellers et les prix littéraires parmi les œuvres contemporaines. À cet égard, les retraductions sont souvent nombreuses, soit en raison d’une méconnaissance du patrimoine traduit, due au manque de diffusion des traductions entre les pays arabes, soit pour des raisons proprement esthétiques lorsque la traduction n’est pas jugée de qualité.

Quant à la traduction littéraire à partir de l’arabe, elle privilégie les auteurs contemporains connus en Occident : outre Les Milles et une nuits qui occupe une place centrale dans les catalogues de traduction, ce sont des auteurs primés ou connus comme Néguib Mahfouz, Mahmoud Darwich, Adonis et plus récemment Alaa Al-Aswani, auteur du best-seller L’Immeuble Yacoubian, qui sont les plus traduits. Force est de signaler ici, en revanche, l’élargissement récent de l’éventail des traductions de l’arabe en France, que l’on doit aux Éditions Actes Sud (200 traductions depuis qu’elles ont acquis, en 1995, la maison d’édition spécialisée dans la traduction de l’arabe, Sindbad).

1.2.3. La Traduction des SHS : une tendance émergente dans le monde arabe

À la traduction littéraire s’ajoute celle des ouvrages de sciences humaines et sociales (SHS) qui relève, par ailleurs, du secteur privé, sauf en Égypte et dans les pays du Golfe où elle demeure l’apanage du secteur public [8]. Dans le monde arabe, la traduction de ce type d’ouvrages à partir de l’anglais et du français représente actuellement 13 à 18% des traductions globales mais est en constante progression (près de 9% en Égypte, de 30% au Liban, jusqu’à 54% et 61% au Maroc et en Syrie respectivement). Pour la traduction à partir du français, la prédominance des sciences humaines et sociales tend globalement à supplanter celle de la traduction littéraire (45 à 50% pour la première contre seulement 25 à 35% pour la seconde), les traductions des ouvrages de philosophie et de sociologie venant en tête.

En revanche, la traduction des SHS demeure très marginale en Europe, où elle ne représente guère plus d’1% en France et en Italie et ne concerne que deux domaines de prédilection : le débat autour de la place de l’islam dans les sociétés arabes modernes et celui autour de la femme. [9]

Toujours est-il que la traduction vers l’arabe, tant des œuvres de littérature que des SHS, s’apparente davantage, selon Jacquemond (2012), à une « réappropriation des représentations et des savoirs produits à l’étranger/dans des langues étrangères » (notamment en français et anglais) sur les sociétés arabes qu’à de la traduction proprement dite. En effet, la part des traductions en arabe d’auteurs arabes d’expression française ou anglaise (comme Tahar Ben Jalloun et Amin Maalouf en littérature et Mohamed Arkoun, Edward Saïd ou Nawal Saadawi en SHS) représente près de 20%.

Enfin, étant donné les enjeux géopolitiques que représente le monde arabe et la conjoncture géopolitique qui est la sienne depuis le début du XXIe siècle, on peut s’étonner de l’absence de traitement de cet aspect tant dans sa dimension inter-arabe qu’internationale. Certes, on reconnaît l’importance du facteur historique et politique dans le développement de l’activité de traduction dans un pays, un domaine ou un couple de langue donné (Glasson-Deschaumes 2012a : 18-20), mais force est de constater la non-prise en compte de la traduction de la presse de et vers l’arabe, malgré le volume considérable de contenus médiatiques traduits tous les jours par les agences de presse et par les médias nationaux ou internationaux multilingues tels que l’AFP, Reuters ou encore Al-Jazeera. Il en va de même pour la traduction des sites web vers l’arabe, qui croît de manière régulière mais dont l’activité et l’impact sont encore peu étudiés et considérés. [10]

2. Enjeux (géo)politiques de la traduction

La dernière décennie a été marquée par l’essor de la traduction dans les pays arabes sous l’effet de plusieurs facteurs conjugués. En sus de facteurs d’ordre économique tel que le développement, évoqué plus haut, de l’édition privée dans les pays arabes depuis les années 1990, figurent des facteurs d’ordre politique comme le renforcement de certaines organisations d’aide à la traduction ou encore la création de nouvelles institutions de traduction particulièrement actives (Mermier 2012).

Fortes de l’héritage culturel prestigieux de l’Âge d’or des Arabes (sous les dynasties omeyyade et abbasside entre le VIIe et le Xe siècle) ou de la Renaissance arabe (la Nahda de la fin du XIXe siècle) encore vivace dans la mémoire collective, ces institutions se proposent de s’inscrire dans la continuité de ces mouvements historiques pour introduire un souffle nouveau dans les activités de traduction. Néanmoins, leurs résultats sont plus ou moins mitigés, en fonction de la vision politique qui sous-tend chacune de ces initiatives.

2.1. Prolonger la « Renaissance arabe » ?

Dans les pays du Machrek et du Maghreb, les tentatives se sont multipliées pendant la dernière décennie pour créer ou renforcer des institutions nationales ou régionales susceptibles de relancer le processus de traduction panarabe et de redonner à leurs capitales leur rayonnement culturel d’antan. C’est le cas du Centre national de Traduction en Égypte (ou le Centre national de Traduction en Tunisie) ou encore de l’Organisation arabe de traduction (OAT) au Liban.

2.1.1. Le Centre national de Traduction d’Égypte

Créé en 2006, le Centre national de Traduction d’Égypte est venu couronner le projet ancien et nouveau à la fois des « Mille Livres », lancé en 1995 et visant à traduire mille livres vers l’arabe. Le Centre, qui se positionne – sous la direction de Jabir Osfour – dans l’ère post-coloniale, se veut un outil central dans le « dialogue des cultures » par opposition au « choc des civilisations ». Ainsi, il place son action sous un triple principe : traduire les livres qui affirment les principes de pensée rationnelle, tolérance, dialogue des cultures et respect de l’autre ; adopter une stratégie de traduction qui, loin de se limiter à la traduction littéraire, reconnaît l’unité de la pensée humaine ; respecter la diversité de pensée en évitant de se limiter aux œuvres de la pensée occidentale. [11]

L’étude de la liste de ses traductions montre toutefois un écart important entre la mission affichée et les choix traductionnels effectués : la quasi-totalité des ouvrages de SHS traduits du français porte sur l’Égypte et le Proche-orient (où on retrouve la même logique de réappropriation des savoirs) et les œuvres littéraires, qui représentent près de 50% quand même, correspondent à un choix hétéroclite et aléatoire d’auteurs classiques traduits et retraduits ainsi que d’auteurs contemporains en vogue.

2.1.2. L’Organisation arabe de Traduction

Créée en 2000 à Beyrouth par un ensemble de chercheurs et d’universitaires, l’Organisation arabe de Traduction s’est fixé comme objectif, en vertu de ses statuts, de :

- promouvoir la traduction de et vers l’arabe dans divers champs de la pensée et de la connaissance humaine ;

- contribuer à l’intégration des sciences dans la culture arabe contemporaine, y compris les exigences nécessaires pour l’enseignement des sciences dans le Supérieur ;

- promouvoir la recherche scientifique en langue arabe ». [12]

Bien qu’elle vienne combler une lacune majeure de la traduction dans le monde arabe concernant l’histoire de la pensée, en mettant l’accent sur la traduction des sciences humaines et sociales (81 livres de SHS sur 160 traduits en 10 ans, dont 37 de philosophie), son activité de traduction demeure élitiste car ciblant un public spécifique d’universitaires et de chercheurs et faillit en définitive à remplir la mission plus large de contribution au dialogue des cultures tant nécessaire dans la conjoncture actuelle.

L’échec des pays du Machrek à se positionner en matière de politique de traduction n’est pas tant dû, comme on pourrait le croire, à un manque de moyens financiers – l’OAT recevant un soutien financier de plusieurs institutions dont la Fondation Mohammad Bin Rashid Al-Maktoum – mais à un manque de vision politique et géopolitique de leur rôle en tant qu’organisations de traduction. C’est sur ce point qu’elles divergent avec les nouvelles fondations des pays du Golfe.

2.2. La « tradiplomatie » des pays du Golfe

Dans les pays du Golfe émerge dès le début des années 2000 une nouvelle vision politique portée par une nouvelle génération de chefs d’État arabes (Khalifa Bin Zayed Al-Nahyan à Abou Dhabi et Mohammad Bin Rashid Al-Maktoum à Dubaï par exemple) dont les ambitions pour leurs pays respectifs sont grandes et réservent une place conséquente à la traduction, celle-ci étant perçue comme un vecteur de rayonnement de la langue et la culture arabes.

Ce positionnement apparaît en filigrane tant dans leurs choix politiques que dans leur discours qui s’inscrit dans ce qu’il faut bien appeler une « tradiplomatie ». Ce composé néologique de « traduction » et « diplomatie », désigne les politiques et les pratiques de traduction qui font office d'effort diplomatique pour rapprocher les peuples et les cultures, par opposition aux approches conflictuelles du « choc des civilisations ». Elles englobent la médiation, l'interprétation herméneutique et la conduite de négociations entre les personnes, les groupes ou les nations pour tenter de régler un problème sans violence en usant des techniques et des modalités communicationnelles et traductionnelles appropriées.

Ainsi, aux Émirats arabes unis, Abou Dhabi et Dubaï se sont dotés d’institutions prônant le dialogue des cultures et la promotion de la langue et de la culture arabes à travers la traduction : il s’agit de l’Autorité d’Abou Dhabi pour la Culture et le Patrimoine (Abu Dhabi Authority for Culture and Heritage) et de la Fondation Mohammad Bin Rashid Al-Maktoum.

2.2.1. L’Autorité d’Abou Dhabi pour la Culture et le Patrimoine

Créée en 2005, l’Autorité d’Abou Dhabi pour la Culture et le Patrimoine a des aspirations « ambitieuses » en matière de promotion de la langue et de la culture arabes, tant sur le plan national que régional et international. Au-delà du renforcement de « la fierté du peuple émirati en enrichissant son patrimoine culturel », elle se veut « une organisation pionnière en matière de développement culturel dans la région » et surtout une organisation qui « contribue à la promotion du dialogue interculturel et à l’appréciation de la valeur des différentes cultures en développant des projets encourageant le partage des traditions et des expériences culturelles ». [13]

À cette fin, elle a lancé en 2007 le projet Kalima (« mot » en arabe) qui vise, toujours dans la même logique des listes évoquée plus haut, à traduire 100 œuvres contemporaines ou classiques par an. 601 traductions ont été achevées à ce jour, couvrant un éventail de 10 domaines allant de la littérature et littérature de jeunesse, qui représente encore une fois plus de la moitié des traductions (372 publications dont 161 de littérature de jeunesse) aux sciences humaines et sociales (154 publications dont 32 de philosophie et psychologie), en passant par les sciences naturelles et exactes (44 publications) et d’autres catégories moins bien fournies (20 publications seulement dans le domaine « arts, jeux et sports », par exemple). [14]

Au-delà de la liste des ouvrages publiés, qui peut rappeler celle des institutions de traduction du Machrek par exemple, Kalima s’est fixé comme objectif politique, au niveau régional, de parer au grand vide, vieux de 1000 ans, en matière de traduction dans le monde arabe : les concepteurs du projet disent vouloir remédier au fait que, bien qu’ils représentent près de 250 millions de locuteurs, les lecteurs arabes n’ont accès qu’à une part infime du savoir laissé en héritage par les grands écrivains et penseurs occidentaux. Ils se proposent également de ressouder, par le biais de la traduction, l’industrie fragmentée du livre arabe en rassemblant les traducteurs, les éditeurs, les agents littéraires et les distributeurs.

La mission socioculturelle et politique de laquelle l’Autorité se sent investie est accentuée par la déclaration de vouloir « raviver l’Âge d’or des Arabes », durant lequel « les bibliothèques des villes arabes regorgeaient de livres et de traductions, pendant que l’Europe vivait encore à l’âge des ténèbres » [15]. Si l’accent stratégique est mis sur la traduction, c’est parce que, comme l’a affirmé le directeur du projet, la mission première de la traduction est l’« altérité », appelant à aller vers l’autre au-delà des différences : « Lorsque nous parlons de traduction, nous parlons également d’opposition et d’acceptation de l’autre malgré ses différences. Le respect de l’autre ne vient pas seulement du partage des valeurs communes mais également des différences ».

2.2.2. La Fondation de Mohamed Bin Rashid Al-Maktoum

Quant à la fondation de Mohamed Bin Rashid Al-Maktoum, elle a lancé le projet Tarjem (« Traduis ! » en arabe), dont la visée est également de garantir un rayonnement régional et international à Dubaï. En effet, l’objectif du programme est présenté comme étant de « traduire des contributions-clés publiées dans les pays voisins afin de promouvoir l’entente culturelle et […] de développer le transfert d’informations des pays producteurs de savoir, et plus particulièrement de l’Amérique du Nord, des pays scandinaves et de l’Asie de l’Est » [16]. Ce projet ambitieux a néanmoins été arrêté au lendemain de la crise financière, officiellement pour des raisons de restructuration administrative.

La tendance « tradiplomatique » se manifeste également dans l’action d’autres institutions des pays du Golfe telles que le Centre Al-Babtain du Koweït, créé en 2004 par la Fondation du prix Abdulaziz Saud Al-Babtain pour la créativité poétique. Ce centre, qui a pour vocation de soutenir la traduction de et vers l’arabe en apportant un soutien financier aux maisons d’édition impliquées dans des activités de traduction, place son action sous le signe de la contribution à l’essor culturel et civilisationnel insufflé par la Renaissance arabe (la Nahda). Son objectif est « d’interagir avec son époque, dialoguer avec les civilisations et s’enrichir des connaissances dont manque le monde arabe afin de fournir à la nation arabe [oumma] les facteurs d’une renaissance [nahda] » (Hajji 2010).

Cette perception de la traduction comme outil et vecteur géopolitiques que les pays du Golfe semblent avoir intégrée est directement inspirée de la politique et de la stratégie culturelles américaines à l’égard du monde arabe et musulman, lesquelles divergent de celles adoptées par la France dans cette même région.

2.3. La « tradiplomatie » américaine et français

2.3.1. La « tradiplomatie américaine »

Ce n’est pas une nouveauté mais la diplomatie américaine a été, depuis toujours, intiment liée à l’exportation de produits culturels en même temps qu’à des politiques économiques. On se souvient par exemple du programme lancé dès 1986, au sein du Consulat américain de Jérusalem, sous le titre Arabic Book Program. Il vise à traduire des œuvres américaines en arabe et les distribuer gratuitement aux Palestiniens [17]. Majoritairement issus des sciences humaines et sociales, les domaines ciblés correspondent, sans grande surprise, aux axes autour desquels s’articule la politique américaine à l’égard des pays arabes : sciences politiques, démocratie, gouvernance, résolution de conflits, relations internationales, médias, technologie de l’information, développement économique, système financier américain, études américaines, éducation civique...

Plus tard, lorsque, au lendemain du 11 septembre, les États-Unis se rendent compte du retard monumental qu’ils accusent en matière de traduction de et vers l’arabe, ils prennent une série de mesures favorisant un développement rapide de cette dernière et de la communication politique et stratégique à l’égard des populations arabes. D’un côté, ils s’attellent à renforcer ce que Guidère (2008c) appelle la « traduction stratégique de l’arabe » à travers notamment la création du Centre national virtuel de traduction intégrant l’arabe entre autres langues [18]. De l’autre, ils œuvrent à transmettre le point de vue et les « valeurs » américains aux populations arabes en créant des versions arabes de leurs moyens de communication existants (lancement d’une version arabe de CNN et des sites de certaines institutions gouvernementales comme celui du Département d’État) et surtout en lançant des médias arabophones (Hurra TV et Radio Sawa par exemple).

Toutes ces initiatives engendrent, de toute évidence, une intense activité de traduction de l’anglais vers l’arabe, mais l’inverse n’est pas vrai : comparativement peu de traductions sont réalisées de l’arabe vers l’anglais. Cette méconnaissance du monde arabe et de la culture arabe a éclaté au grand jour à l’occasion de la guerre d’Irak (2003), guerre dont la dimension linguistique et traductionnelle a été mise à nue de manière crue, révélant l’ampleur du fossé qui sépare l’intelligence humaine des solutions militaires. [19]

2.1.2. La « tradiplomatie » française

À l’instar des États-Unis, la « tradiplomatie » française ne s’est pas attelée à développer des programmes de traduction à partir de l’arabe. Adoptant une orientation moins géostratégique, elle s’inscrit toutefois sous le signe de l’ouverture culturelle et politique envers ses partenaires privilégiés que sont les pays arabes. Son fleuron est sans conteste l’Institut du Monde arabe (IMA) à Paris. Fruit d’une collaboration étroite entre la France et les 22 pays de la Ligue arabe, l’IMA est devenu, depuis sa fondation en 1987, un haut lieu de la langue et de la culture arabes, où sont organisés de grands événements culturels ainsi que des conférences portant sur des sujets tant culturels que sociopolitiques, où la traduction occupe souvent une place de choix.

C’est à l’IMA précisément qu’a été organisée en 2009 la remise du Prix Ibn Khaldoun-Senghor qui récompense tous les ans la traduction d’une œuvre du français vers l’arabe et de l’arabe vers le français (en alternance). Ayant pour objectif de promouvoir la diversité culturelle et linguistique et d’encourager les échanges culturels et littéraires entre le monde arabe et l’espace francophone, ce prix, décerné conjointement par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Organisation de la Ligue arabe pour l’Éducation, la Culture et la Science (ALECSO), est venu en 2008 ajouter une nouvelle pierre à l’édifice de la « tradiplomatie » française. [20]

Ancrée dans les politiques traditionnelles de la francophonie, cette dernière continue en effet à promouvoir principalement la traduction littéraire. À cet égard, le Ministère français des Affaires étrangères soutient, dans les pays du Machrek et du Maghreb, des instances comme les Centres nationaux du livre, ce qui a notamment permis de traduire, au cours des dernières années, quelques centaines d’ouvrages du français vers l’arabe. La forme la plus connue de ce soutien est celle des Programmes d’Aide à la Publication (PAP) dont les trois principaux sont : le PAP Taha Hussein en Égypte, le PAP Saadallah Wannous en Syrie et le PAP Georges Schéhadé au Liban. Toutefois, ces dispositifs sont aujourd’hui soit en baisse d’activité (en Égypte), soit interrompus (en Syrie).

Au tournant d’un siècle marqué par la montée des revendications identitaires de part et d’autre de la Méditerranée, il devient néanmoins nécessaire de placer les enjeux géopolitiques au cœur de la « tradiplomatie » française à l’égard des pays arabes, en mettant davantage l’accent sur la traduction des sciences humaines et sociales de et vers l’arabe.

Conclusion

Cet aperçu montre que les politiques et les stratégies de la traduction de et vers l’arabe vont bien au-delà de la simple question linguistique ou traductologique. La réflexion sur la traduction arabe et sur l’état des lieux de cette activité se situe au croisement de la géopolitique, de la politique culturelle et de la politique linguistique. Mieux, derrière les œuvres traduites et les politiques menées, il existe des êtres de chair et de sang appelés « traducteurs/trices » sans lesquels rien ne peut se faire, mais pour lesquels l’intérêt est paradoxalement encore faible. Qu’il s’agisse des institutions ou des gouvernements, le facteur humain demeure la grande énigme sur la rive sud de la Méditerranée. Il est souvent oublié et parfois traité à la va-vite, alors qu’il est la cheville ouvrière des politiques et des stratégies mises en place. C’est pourquoi nous appelons de nos vœux un « observatoire du métier de traducteur » dans le monde arabe pour faire le suivi raisonné et nécessaire de la condition et de la formation de cet acteur central (le traducteur/trice) pour la réussite du dialogue entre les peuples et entre les cultures, surtout depuis le changement géopolitique majeur consécutif au « printemps arabe ». Plus que jamais, il faut investir dans l’humain.



RÉFÉRENCES

AL-GHARBI, Jalel(2010) : La Traduction vers l’arabe en Tunisie. Transeuropéennes. Consultée le 10 avril 2012, http://www.transeuropeennes.eu/ressources/pdfs/TEM_2011_Traduction_en_Tunisie_Jalel_AL_GHARBI_121.pdf

GLASSON-DESCHAUMES, Ghizlaine (2012a) : État des lieux de la traduction dans la région euro-méditerranée : Conclusions générales et recommandations. Transeuropéennes. Consultée le 30 avril 2012, http://www.transeuropeennes.eu/fr/95/l_etat_des_lieux_conclusions_et_recommandations

GLASSON-DESCHAUMES, Ghizlaine (2012b) : Traduire la littérature : Synthèse. Transeuropéennes. Consultée le 10 avril 2012, http://www.transeuropeennes.eu/ressources/pdfs/TEM_2012_Synthese_litterature_117.pdf

GLASSON-DESCHAUMES, Ghizlaine (2012c) : Traduire les sciences humaines et sociales : Synthèse. Transeuropéennes, Consultée le 10 avril 2012, http://www.transeuropeennes.eu/ressources/pdfs/TEM_2012_Synthese_sciences_humaines_et_sociales_120.pdf

HAJJI, Ali (2011) : Traduire des langues des pays de l’UE ainsi que du turc vers l’arabe dans les pays du Golfe (Arabie Saoudite, Koweït, Émirats arabes unis, Qatar, Yémen, Bahreïn et Oman). Transeuropéennes. Consultée le 15 avril 2012, http://www.transeuropeennes.eu/ressources/pdfs/TEM2010_UE_turc_arabe_pays_du_golfe_Ali_HAJJI_32.pdf

GUIDÈRE, Mathieu (2008a) : La Communication multilingue : traduction commerciale et institutionnelles. Paris / Bruxelles : Éditions De Boeck.

GUIDÈRE, Mathieu (2008b) : Irak in Translation ou De l’art de perdre une guerre sans connaître la langue de son adversaire. Paris : Éditions Jacob-Duvernet.

GUIDÈRE, Mathieu (2008c) : Traduction et veille stratégiques multilingue. Paris : Éditions Le Manuscrit.

HEILBRON, Johan (1999) : A Sociology of Translation. European Journal of Social Theory. 2(4) : 429-444.

JACQUEMOND, Richard (2012) : Traduire de et vers l’arabe : Synthèse. Transeuropéennes, Consultée le 1er avril 2012, http://www.transeuropeennes.eu/ressources/pdfs/TEM_2012_Synthese_sur_la_traduction_de_et_vers_l_arabe_123.pdf

LABTER, Lazhari (2010) : La Traduction d’ouvrages de littérature et de sciences humaines et sociales en Algérie. Transeuropéennes. Consultée le 10 avril 2012, http://www.transeuropeennes.eu/ressources/pdfs/TEM_2011_Traduction_en_Algerie_Lazhari_LABTER_122.pdf

MERMIER, Frank(2012) : Tradition et édition dans le monde arabe : Synthèse. Transeuropéennes. Consultée le 14 avril 2012, http://www.transeuropeennes.eu/ressources/pdfs/TEM_2012_Synthese_sur_la_traduction_et_l_edition_dans_le_monde_arabe_125.pdf.

VARLET, Emmanuel(2010) : Les Flux de traduction français-arabe en Égypte et au Machreq (1985-2010), Transeuropéennes. Consultée le 14 avril 2012,  http://www.transeuropeennes.eu/ressources/pdfs/TEM2010_francais_arabe_Emmanuel_VARLET_34.pdf



1 - Voir Traduire en Méditerranée : le projet, http://www.transeuropeennes.eu/fr/42/le_projet, consultée le 10 avril 2012.  [retour]

2 - PNUD (2003), Rapport sur le Développement arabe humain, http://hdr.undp.org/fr/rapports/regional/etatsarabes/name, consultée le 23 avril 2012.  [retour]

3 - UNESCO, Index Translationum, http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=7810&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html, consultée le 20 avril 2012.  [retour]

4 - Les données chiffrées de cette section sont extraites de Glasson-Deschaumes (2011).  [retour]

5 - Pour une étude détaillée des flux de traductions au Machrek (Égypte, Liban, Syrie), voir Varlet (2010) ; pour celle dans les pays du Golfe, voir Hajji (2010) ; pour celles au Maghreb, voir Al-Gharbi (2010) sur la Tunisie et Labter (2010) sur l’Algérie.  [retour]

6 - Pour une étude détaillée de la traduction de la littérature dans le monde arabe, voir Glasson-Deschaumes (2012b).  [retour]

7 - Glasson-Deschaumes et al : Traduire en Méditerranée, non publiée. Jeudis de l’IMA. Paris, 10 février 2011, http://www.franceculture.fr/plateformes-traduire-en-mediterranee-traduire-en-mediterranee.html, consultée le 10 mai 2012.  [retour]

8 - Pour une étude détaillée de la traduction des SHS, voir Glasson-Deschaumes (2012c).  [retour]

9 - Il serait également possible de relativiser ces chiffres en tenant compte du fait que la classification des œuvres arabes par domaines, et notamment celle des œuvres classiques, peut être problématique car une même œuvre peut être classée dans plusieurs catégories : en SHS, en « littérature », en « philosophie », en « religion »… (Jacquemond 2012).  [retour]

10 - Sur ces aspects, voir Guidère (2008a).  [retour]

11 - Voir à cet égard l’interview du directeur du « Centre national de traduction » en Égypte : Jabir Osfour (3 février 2009) : Jâbir ‘Usfûr fî Nudwat Siyâsât al-Tarjama: Nahnu didda al-Haymana wa Narfudu al-Markaziyya al-Urûbiyya [Jaber Osfour au Colloque Politiques de traduction : Nous sommes contre l’hégémonie et nous refusons le centralisme européen]. Al-Ra’y, http://www.alraimedia.com/alra /ArticlePrint.aspx?id=109318, consultée le 10 avril 2012.  [retour]

12 - Voir à ce sujet le site de l’Organisation arabe pour la Traduction, http://www.aot.org.lb/Home/index.php?Lang=en, consultée le 1er avril 2012.  [retour]

13 - Abu Dhabi Authority for Culture and Heritage, http://www.adach.ae/en/news/nnbhgoloo.aspx, consultée le 28 avril 2012.  [retour]

14 - La classification par domaine est toutefois peu rigoureuse dans la mesure où des ouvrages d’un domaine donné (comme la sociologie) peuvent se retrouver dans une autre catégorie (sciences sociales par exemple).  [retour]

15 - Abu Dhabi Authority for Culture and Heritage, Why Kalima Was Created,   http://www.kalima.ae/en/pages/test.aspx , consultée le 28 avril 2012.  [retour]

16 - Fondation Mohammad Bin Rashid Al-Maktoum, Projet Tarjem !, http://www.mbrfoundation.ae/English/Culture/Pages/Tarjem.aspx, consultée le 28 avril 2012.  [retour]

17 - Voir à cet égard le site du Arabic Book Program, http://jerusalem.usconsulate.gov/arabic_book_program.html, consultée le 15 avril 2012.  [retour]

18 - Voir le détail du fonctionnement du NVTC, http://www.nvtc.gov/, consultée le 22 avril 2012.  [retour]

19 - Voir à ce sujet Guidère (2008b).  [retour]

20 - Organisation internationale de la Francophonie, Prix Ibn Khaldoun-Senghor,  http://www.francophonie.org/Prix-de-la-traduction-Ibn-Khaldoun,28933.htmlconsultée le 20 mai 2012.  [retour]

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